La traduction d’interface personne-machine : un triple défi

Nos clients du secteur génie-fabrication ont souvent besoin de traduction d’interface personne-machine. Or, cette tâche n’est pas aussi simple qu’il paraît. Dans ce genre de projets, une bonne communication entre le client, le gestionnaire de projet et l’équipe de traduction est essentielle.

Défi no 1 : Où est le texte?

Dans le document source fourni par le client, le texte à traduire est souvent enfoui dans des chaînes de code de contrôle numérique (CNC). Certes, les outils de TAO (traduction assistée par ordinateur) peuvent être configurés pour extraire le texte du code, mais ce ne sont pas tous les formats propriétaires qui s’y prêtent. En cas de problème d’extraction, le gestionnaire de projet doit trouver un moyen de repérer le texte à traduire en s’assurant de protéger l’intégrité du code. L’un de ces moyens consiste à utiliser des expressions régulières afin d’extraire les segments à traduire du texte source.

Une fois extrait, le texte à traduire est analysé au moyen des outils de TAO, qui relèvent les répétitions et calculent le compte de mots. Ce dernier nous servira à proposer un prix. Nous rassemblons ensuite les principaux termes dans un glossaire. La traduction du glossaire, faite en amont, assure l’uniformité dans l’ensemble du projet. Nous pouvons aussi repérer d’emblée les problèmes de « foisonnement » abordés plus bas. Certains termes nécessitent plus de caractères dans la langue cible. Mais, s’ils dépassent la longueur maximale pour un champ donné, il faut alors trouver des abréviations.

Défi no 2 : Quel est le contexte?

Le gestionnaire a préparé le texte source, mais le traducteur technique se heurte à un second obstacle : les chaînes de texte de l’interface peuvent être très courtes, réduites parfois même à un seul mot. Prenons l’exemple suivant où le segment source (en anglais) comprend le terme isolé « current ». Selon le contexte, ce terme pourrait être traduit de diverses manières : courant électrique, courant d’air, actuel (par rapport à « passé »).

Segment source (anglais) :

Air Dryer Air Flow Failure Alarm Delay
Current=/*N:6 [plc]AaCfgActive.UnAD.flowAlmDelay NOFILL DP:0*/ Archive=/*N:6 [plc]AaCfgArchive.UnAD.flowAlmDelay NOFILL DP:0*/

Segment cible (français) :

Séchoir à air – Défaut d’écoulement d’air – Délai d’alarme
Courant=/*N:6 [plc]AaCfgActive.UnAD.flowAlmDelay NOFILL DP:0*/ Archive=/*N:6 [plc]AaCfgArchive.UnAD.flowAlmDelay NOFILL DP:0*/

Il est essentiel d’avoir accès aux manuels ou aux schémas pour saisir le sens du mot en contexte, mais le client doit aussi être prêt à répondre aux questions.

Défi no 3 : C’est trop long!

Le foisonnement est un troisième obstacle qui se dresse devant la traduction d’interface personne-machine. Les segments prennent plus d’espace dans certaines langues parce que celles-ci utilisent tout simplement plus de caractères que l’anglais. En général, l’espace prévu pour l’affichage d’un élément est limité. Le nombre maximal de caractères varie d’un champ à l’autre. Dans les langues qui tendent à foisonner, comme le français ou l’espagnol, les traductions sont parfois plus longues que l’espace alloué.

Les traducteurs mettent tout en œuvre pour rendre le texte concis. Nous recommandons généralement à notre équipe de ne pas dépasser de plus de 20 % le nombre de caractères du texte source. Le contrôle de la qualité nous aide à repérer les segments qui n’ont pas pu être condensés. Nous envoyons ensuite les chaînes traduites au client pour qu’il les importe dans l’interface. Si certaines chaînes sont trop longues, les traducteurs peuvent les raccourcir en choisissant d’autres mots ou, plus fréquemment, en utilisant une abréviation.

Deux types de mémoire

La traduction d’un logiciel peut s’avérer un travail colossal. Comme nous avons bâti une relation de longue date avec nos clients manufacturiers, nous avons créé pour chacun d’eux des mémoires de traduction, des glossaires, des bases terminologiques et des guides de style distincts, ce qui nous permet d’arriver plus rapidement à un produit définitif. Notre « mémoire d’entreprise » est alimentée au même rythme que nos mémoires de traduction. La collaboration et la complicité entre le client et le cabinet de traduction grandissent avec chaque projet.