Pratiques exemplaires en localisation de logiciels

Pratiques exemplaires en localisation de logiciels

Si vous comptez mettre en marché vos logiciels à l’étranger, les étapes de traduction et de localisation sont incontournables. À première vue, le processus de localisation peut ressembler à une « boîte noire ». Explorons-en le contenu afin de comprendre les pratiques exemplaires en localisation de logiciels et d’assurer votre réussite à l’international.

Définitions

Internationalisation (i18n) : préparation du logiciel et des sites web en vue d’assurer le bon déroulement du processus de localisation et d’éviter les erreurs. Il s’agit du premier pas vers la réussite d’un projet de localisation.

Traduction : substitution d’un texte dans une langue à un texte de sens équivalent dans une autre langue.

Localisation (l10n) : ensemble des modifications nécessaires à l’adaptation du contenu destiné à un marché donné, y compris les variations locales liées aux formats de l’heure, de la date et de la devise, aux préférences culturelles, aux termes d’interface et aux choix de conception.

Pratiques exemplaires en internationalisation 

Si l’on veut faciliter la localisation d’un logiciel, la première chose à faire est d’en protéger le code. Comment? En isolant le contenu de façon à éviter toute altération du code durant la traduction. De plus, isoler le contenu permet de recourir à un éventail élargi de spécialistes de la langue à des coûts raisonnables. Si vous ne le faites pas, il faudra recruter des traducteurs professionnels connaissant la langue de programmation de votre logiciel, ce qui vous coûtera plus cher.

Autres règles d’or en développement de logiciels internationalisés :

  • Ne figez pas les dates, les heures, les mesures et les devises dans le code.
  • Ne construisez pas de phrases par concaténation. N’oubliez pas que la grammaire et l’ordre des mots varient d’une langue à une autre.
  • N’insérez pas de texte dans les graphiques.
  • Utilisez Unicode : vous prendrez ainsi en charge une variété de jeux de caractères.
  • Simplifiez la désactivation des fonctions dont l’utilité se limite à quelques régions.
  • Conservez les chaînes de caractères dans des fichiers de ressources.

Non seulement le contenu doit-il être facile à distinguer du code, mais il doit également bien se prêter à la traduction. Pour vous en assurer, tenez compte des pratiques exemplaires en localisation de logiciels ci-dessous.

  • Prévoyez plus d’espace pour le contenu. Une fois traduite de l’anglais, une chaîne de caractères peut compter 30 % plus de mots que dans la source.
  • N’utilisez pas d’argot ni de références culturelles particulières. Au besoin, une étape subséquente de transcréation permettra d’adapter votre langage de marque à votre auditoire.
  • N’employez pas la même variable ou le même fragment de phrase dans différents contextes. Le sens de chaque terme ou de chaque fragment doit être exempt de toute ambiguïté.
  • Créez une base terminologique ou un glossaire afin d’assurer la cohérence des termes dans l’interface utilisateur. L’exercice vous servira par ailleurs dans la démarche de recherche de mots clés aux fins du référencement naturel.
  • Concevez des icônes neutres sur le plan culturel (par exemple, le terme « OK » prend un sens différent selon la culture).
  • Évitez d’utiliser des touches et des symboles de raccourci qui ne conviendront pas aux claviers dans d’autres langues.
  • Contextualisez certains segments afin d’en clarifier le sens pour les traducteurs.

N’oubliez pas que les séquences d’images représentant une action ou un récit se lisent de droite à gauche dans certaines langues.

Outils technologiques de traduction

La plupart (sinon tous) les cabinets de traduction ont recours à des outils de traduction assistée par ordinateur (TAO). Ces outils extraient des fichiers de formats courants le texte à traduire et le présentent au traducteur de façon isolée, sans le code ni le formatage. Cette extraction simplifie grandement le travail du langagier. Les outils de TAO apportent également des avantages économiques aux clients. En effet, les segments de texte répétés plusieurs fois sont insérés automatiquement au cours de la traduction afin d’épargner temps et efforts. Les bases terminologiques et les outils d’assurance de la qualité (AQ) intégrés assurent l’uniformité, tandis que les mémoires de traduction simplifient la récupération du contenu répété entièrement ou partiellement.

Localisation

La localisation peut constituer une opération complexe, même pour les entreprises comptant sur une bonne équipe de soutien et de développement informatique à l’interne. Bien souvent, les clients ont besoin d’aide pour séparer le texte du code et le convertir en format traduisible. Nos gestionnaires de projets offrent ce genre de service selon une tarification à l’heure.

Certaines plateformes récentes prennent en charge la localisation continue des applications fréquemment mises à jour. C’est le cas de Phrase, Transifex, Mojito et Serge (une solution à code source libre). Dans ces cas, le client traite directement avec les fournisseurs de la plateforme, qui en retour ouvrent l’accès à l’interface de traduction pour notre équipe. Ces solutions automatisées peuvent avoir l’air d’une boîte noire. Les gestionnaires de projets de Scriptis vous aideront à déterminer la solution qui vous convient le mieux.

Le recours à des plateformes de localisation en ligne simplifie le travail et raccourcit les délais de livraison des traductions. Toutefois, leurs bases terminologiques, mémoires de traduction et outils d’AQ intégrés sont souvent de moindre qualité et moins fiables que celles des outils de TAO standard. Ces outils standard assurent une meilleure uniformité du contenu sur l’ensemble des plateformes et des médias (application mobile, site web, documentation, matériel de vente). C’est pour cette raison que les traducteurs professionnels y ont recours.

Le coût des solutions automatisées peut également constituer un obstacle, car les meilleures exigent un investissement considérable. Nous recommandons les plateformes de localisation continue lorsque la traduction doit se faire dans un contexte de développement agile. Dans ces cas, nous pouvons veiller à ce que l’équipe de traduction et la plateforme s’intègrent de façon transparente au processus du client.

Pseudo-traduction

Une fois la solution de localisation choisie et configurée, l’étape de pseudo-traduction consiste à simuler l’apparence du contenu dans son format final localisé, et ainsi à confirmer que le texte a été extrait en entier. Cette étape permet aussi de déterminer où il faudra prévoir davantage d’espace et si le codage des caractères convient au système d’écriture de la langue cible.

La pseudo-traduction simplifie les essais à la dernière étape avant la mise en exploitation du logiciel. C’est à ce moment que des locuteurs natifs vérifient l’application localisée. Ce contrôle peut appeler à des essais répétés et exiger des échanges fréquents entre le client et le gestionnaire de projet.

En conclusion

Une bonne internationalisation est à la base d’une localisation réussie. Concevoir les logiciels expressément en vue de la localisation et adopter les pratiques exemplaires en localisation de logiciels contribuent au bon déroulement de la démarche. En ouvrant la boîte noire de la localisation, on peut combler le fossé qui sépare les programmeurs, les concepteurs de l’expérience utilisateur, les linguistes et les spécialistes de la localisation.